Wispr Flow : la dictée vocale utile à l’avocat et à ses clients, à condition de la régler

Un témoignage recueilli à la volée, un client qui raconte parfaitement son dossier à l’oral mais peine à l’écrire : dans les deux cas, l’information se perd entre la parole et le papier. Wispr Flow comble cet écart. C’est un logiciel de dictée qui transforme la voix en texte propre, dans n’importe quelle application.

Deux questions précèdent tout usage professionnel : où partent les données, et qui a consenti à être enregistré.

Wispr Flow est-il utilisable par un avocat ? La réponse en bref

Oui, Wispr Flow est utilisable par un avocat, sous deux conditions. La première : la voix est transcrite dans le cloud et les données peuvent être conservées hors de France (politique de confidentialité Wispr) ; or le Conseil national des barreaux recommande de ne jamais transmettre d’informations couvertes par le secret à une IA générative (guide « La déontologie et l’intelligence artificielle », CNB, avril 2026). On dicte donc pseudonymisé. La seconde : enregistrer une personne sans son consentement est un délit (art. 226-1 du code pénal).

Code de parrainage Wispr Flow : VALENTIN809

Code de parrainage : VALENTIN809

Lien direct : wisprflow.ai/r?VALENTIN809

Le lien suffit à l’inscription. Déjà inscrit, vous pouvez saisir le code dans l’application Mac ou Windows, rubrique « Apply referral » ; les applications iPhone et Android ne le permettent pas (Wispr, parrainage).

Le parrainage vous ouvre un essai de 30 jours de la formule Pro. Il fait aussi bénéficier l’auteur d’un mois de Pro si vous l’utilisez (programme de parrainage Wispr).

Ce que fait le logiciel

Un raccourci clavier déclenche la dictée, le texte s’écrit là où se trouve le curseur : traitement de texte, messagerie, logiciel métier. L’outil supprime les hésitations, ajoute la ponctuation et met en forme listes et paragraphes. Il reconnaît plus de cent langues (wisprflow.ai).

Un module distinct, Notetaker, enregistre les réunions (Zoom, Teams, Google Meet, rendez-vous en présentiel) et en livre la transcription avec le nom des intervenants et un résumé (wisprflow.ai).

Confidentialité : ce qui quitte votre ordinateur

La transcription s’effectue toujours dans le cloud, jamais sur l’appareil (contrôles de données Wispr). Les données peuvent être transférées et conservées hors de votre pays, et le texte est traité par des fournisseurs tiers de modèles de langage (politique de confidentialité Wispr).

Ce n’est pas seulement la voix qui part. Pour améliorer la transcription, Wispr peut collecter le texte affiché dans l’application utilisée au moment de la dictée (politique de confidentialité Wispr). Si vous dictez un courriel avec le dossier du client ouvert à l’écran, ce contenu peut partir aussi.

Le secret professionnel de l’avocat couvre tout ce qui touche au dossier (art. 66-5 de la loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971) et sa violation est pénalement sanctionnée (art. 226-13 du code pénal). Le guide du CNB en tire trois consignes (guide « La déontologie et l’intelligence artificielle », CNB, 1re édition, avril 2026). Pseudonymiser ou anonymiser les données avant tout usage d’une IA générative. Vérifier que l’éditeur permet de refuser la réutilisation des données pour l’entraînement. Privilégier un hébergement en France, puis dans l’Union européenne.

Les avocats américains appliquent la même grille. L’American Bar Association rattache l’usage de l’IA à l’obligation de confidentialité et impose à l’avocat de comprendre les risques de l’outil qu’il emploie (ABA, Formal Opinion 512, 29 juillet 2024).

Les réglages à faire avant la première dictée

Dans Settings > Data and Privacy (Wispr, page avocats), trois contrôles s’imposent :

  • désactiver le partage des données pour l’entraînement des modèles ;
  • désactiver le stockage cloud des dictées (Dictation Cloud Storage), qui conserve sinon transcriptions, audio et historique sur les serveurs de Wispr (contrôles de données Wispr) ;
  • désactiver la collecte du contenu de l’écran, que la politique de confidentialité permet de refuser à tout moment (politique de confidentialité Wispr).

Les certifications affichées ne dispensent pas de vérifier

Wispr affiche un badge SOC 2 Type 2. Le 19 mars 2026, l’éditeur a toutefois annoncé un audit entièrement nouveau de son programme de conformité (Wispr, note sur le programme de conformité). En cause : son ancien prestataire, Delve, est soupçonné d’avoir délivré des rapports SOC 2 sans vérifier les contrôles de ses clients (Wispr, calendrier du nouvel audit). Le rapport à jour se demande à l’éditeur, par son Trust Center.

Le client, lui, n’est pas tenu au secret de l’avocat : il peut dicter sa propre histoire. Il est seulement utile qu’il sache que son récit transite par les serveurs de l’éditeur, hors de France.

Enregistrer sans accord : interdit

Capter ou enregistrer sans son consentement les paroles d’une personne prononcées à titre privé ou confidentiel est puni d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende (art. 226-1 du code pénal). Le consentement n’est présumé que si l’enregistrement se fait au vu et au su de l’intéressé, qui ne s’y oppose pas alors qu’il le pouvait (même article).

Le réflexe est donc simple : annoncer l’enregistrement au début de l’entretien ou de la visioconférence, et faire acter l’accord. Un Notetaker lancé en silence dans une réunion Teams avec l’adversaire, un témoin ou un confrère expose à ce délit. Le texte vise l’atteinte à l’intimité de la vie privée : pour une réunion strictement professionnelle, l’infraction se discuterait. Personne n’a intérêt à être celui sur qui la question sera tranchée.

À l’audience, l’interdiction est absolue. Dès l’ouverture de l’audience, l’emploi de tout appareil permettant d’enregistrer la parole est interdit, sous peine de deux mois d’emprisonnement et de 4 500 euros d’amende (art. 38 ter de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse). Le consentement des parties n’y change rien.

Une erreur courante est de penser qu’un enregistrement clandestin est sans valeur en justice. En matière civile, il peut être admis s’il est indispensable à l’exercice du droit à la preuve et si l’atteinte est strictement proportionnée (Cass. ass. plén., 22 décembre 2023, n° 20-20.648). Sa recevabilité n’efface pas le délit.

Recueillir un témoignage ou une déposition

L’entretien avec un témoin ou le récit détaillé d’un client gagnent à être transcrits intégralement : le détail anodin devient souvent décisif à la lecture des pièces adverses. Consentement recueilli, Notetaker ou la dictée restituent l’entretien mot pour mot.

Une transcription n’est pas une attestation. L’attestation produite en justice doit être « écrite, datée et signée de la main de son auteur » (art. 202 du code de procédure civile). La dictée prépare le texte ; le témoin le recopie ensuite de sa main.

Le client qui dicte au lieu d’écrire

Beaucoup de clients s’expriment clairement à l’oral et difficilement à l’écrit, notamment lorsque le français n’est pas leur langue maternelle. Avec Wispr Flow, ils racontent la chronologie de leur dossier à voix haute, relisent le texte produit et l’envoient à leur avocat.

L’avocat reçoit un récit complet et lisible, au lieu de quelques lignes rédigées à contrecœur. Le premier rendez-vous commence alors sur les questions de droit, et non sur la reconstitution des faits.

Prix et essai

Une formule gratuite, limitée en volume hebdomadaire, permet de tester l’outil. La formule Pro coûte 12 dollars par mois en engagement annuel, 15 dollars sans engagement (tarifs Wispr Flow).

Pour l’essai Pro de 30 jours, utilisez le code de parrainage VALENTIN809 ou le lien wisprflow.ai/r?VALENTIN809.

Un outil de dictée améliore la qualité du récit ; il ne dit pas quels faits comptent, ni comment les prouver. C’est ce tri qui fait gagner un dossier.

Valentin Simonnet est avocat au Barreau de Paris. Il intervient en contentieux des affaires et en droit pénal des affaires.

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